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Masque chirurgical sur un fond jaune. Texte: Les participants d'INCA et la pandémie

Derrière les masques : projet de création littéraire

Contenu principal

 Il y a un an, notre monde a basculé. La pandémie de coronavirus a transformé notre quotidien et nos habitudes. Les défis auxquels font face les personnes aveugles ou ayant une vision partielle ont été exacerbés. Comme pour tous, leur isolement a monté en flèche.  Elles ont été confrontées à elles-mêmes et ont découvert une force qui les a impressionnées.

Nous avons demandé aux participants d'INCA de partager leurs histoires "derrière les masques", d'exprimer leur vérité, leur anxiété et leurs espoirs face à cette crise sanitaire.

Voici un recueil de nouvelles, d'essais, de témoignage et de poèmes qui mettent en lumière le point de vue des Canadiens aveugles ou ayant une vision partielle à l’égard de la pandémie de COVID-19 et de leur résilience. 

 

 

La vague

 

Je pensais qu’une vague voguait sur l’eau et qu’une deuxième aurait encore plus d’eau.

Détrompez-vous, ce n’est plus cela. L’année 2020 a un autre agenda.

Elle apporte un virus inconnu, pas du tout bienvenu.

Il perturbe la vie quotidienne, en installant la quarantaine.

Et même le confinement qui fait des mécontents.

La santé physique et mentale en devienne malade.

Et l’économie confronte la pandémie.

Sortez vos masques, restez à vos marques, évitez les contacts, n’ayez pas le tract.

Un appel, un courriel, l’amitié c’est du miel.

Adieu les fêtes et la visite. J’attends patiemment la suite.

Gardons la tête froide, vient la saison froide.

Ce n’est pas un cadeau. Mais restons au chaud.

Surtout le cœur, il cherche le bonheur.

De meilleures nouvelles aideront mon sommeil.

Mauvaise année 2020. J’espère que tu prends fin, en apportant un vaccin.

Bye bye COVID!

-Louise

 

Obligée de m'arrêter 

Une maladie qui me fait peur, je ne veux plus prendre le métro et l’autobus. En revange le confinement m’a apporté un dialogue beaucoup plus fort entre mon conjoint et moi et une entraide mutuelle exceptionnelle: à se connaitre encore plus, à cuisiner ensemble, marcher ensemble, ce qui m’amène à vivre en harmonie avec moi.

-Stella

 

Le choc du début

Au début, je ne m'inquiétais pas trop. Mais, une semaine plus tard, j'essayais de trouver une personne pour m'accompagner pour des courses... personne. Tous les services des associations qui nous offrent de l'aide par l'entremise de bénévoles étaient fermés. Mais, ce qui m'a fait le plus mal, c'est la réaction des gens de ma famille qui m'aident habituellement quand je ne trouve pas de bénévole. Ils ont été violents, car ils se fâchaient me répétant que je ne devais pas sortir, que c'était dangereux étant donné que j'étais dans la tranche d'âge des plus vulnérables et qu'en plus j'étais diabétique. Ils me disaient que j'étais inconsciente et que je me mettais en danger. Mais, j'essayais de leur faire comprendre que je n'avais pas le choix, il fallait que je m'approvisionne, car je manquerais bientôt de nourriture. Mais, rien n'y faisait, ils continuaient de me répéter les mêmes salades... Je me suis sentie incomprise et rejetée. J'ai compris plus tard, qu'ils avaient agi ainsi parce qu'ils avaient peur et aussi qu'ils se sentaient coupables de me dire non. S'ils m'avaient expliqué les choses calmement sans me juger, j'aurais compris.

Je me suis donc tournée vers mon fils qui m'a dit : « Maman t'inquiète, je suis là et je vais t'aider, on va s'entraider et s'encourager. T’en fais plus ça va bien aller...»

Depuis, cette épreuve, j'ai de temps à autre des moments d'angoisse qui me tombent dessus sans crier gare... Je ne savais pas ce que c'était l'angoisse, mais maintenant oh que oui!  C'est affolant, terrifiant, parce que souvent ça arrive la nuit... ou mon imagination me ballotte d'horreur à une autre... J'ai l'impression que mon coeur va éclater ou que je n'arriverai plus à respirer...

Mais, j'ai décidé de ne plus m'abandonner aux inquiétudes et aux peurs que m'inspiraient cette situation. J'ai décidé de vivre une journée à la fois et même chaque instant et aussi de faire de la méditation de pleine conscience ce qui m'aide énormément à garder ma paix intérieure et à diminuer l'intensité des crises d'angoisse qui arrivent encore.

Voilà c'était ma petite expérience des premières semaines de la pandémie.

Carmen 

 

 

Mon alphabet de la COVID

Voici mon alphabet personnel de la COVID-19, avec des mots qui m’interpellent et me collent à la peau depuis 10 mois. Vous en devinerez sans doute quelques-uns. 

A : Autrement. Depuis 10 mois je vis, je fais autrement.

B : Basculé. Comme notre mode de vie (1 semaine comme-ci, 2 semaines comme ça, 3 jours autre chose).

C : Coronavirus, COVID et confinement. Je n’ai pas besoin de les expliquer. Les trois mots m’ont touché pendant 10 mois.

D : Je suis obligé d’attacher la lettre E. C’est un beau hasard qu’elles se suivent dans l’alphabet. J’exprime mes découragements et j’appelle mes espoirs.

Il n’y a pas que du positif et du négatif.

F : Famille. Cette lettre m’a amené tout de suite à ce mot, car la famille a été très importante pendant cette période.

G : Le prénom de la femme dont je me suis séparé après 35 ans de vie-commune. Ça m’a touché énormément. La COVID est un petit peu responsable de notre séparation.

H : Horacio, un homme que je ne connaissais pas du tout, un homme que j’ai appris à connaître et dont je n’aurais pas voulu être dans les souliers. Je respecte cet homme.

I : INCA ça été mon ange-gardien, mon service essentiel. J’en tremble. Honnêtement je n’en reviens pas de tout ce qu’INCA a fait pour nous pendant la période de la COVID qui n’est pas terminé. C’est un organisme qui aurait pu faire comme beaucoup d’autres, fermer les portes et les lignes téléphoniques, arrêter tout. Qu’est-ce qu’INCA a fait pour moi et pour d’autres? Ils ont continué et ont été des batailleurs![SR1] 

J : Je.  Je n’ai jamais été aussi en présence de Je, aussi été préoccupé, questionné et interpellé mon Je, que depuis 10 mois. Je n’ai jamais été aussi proche de Je.

K. Je n’ai rien trouvé

L : Legault. J’ai découvert un homme dont je n’aurais pas voulu être dans les souliers depuis 10 mois. Je lève mon chapeau à l’homme pas au politicien, à l’homme.

M : masque.  J’ai connu le masque en 2020, à 66 ans. Depuis ma naissance je n’avais jamais connu ça un masque dans la figure.

N : Najla Noori, tu m’as aidé. Je suis sûr que tu as aidé beaucoup de monde, tu mérites d’être dans l’alphabet de ma COVID.

O : Je suis passé par-dessus.

P Pandémie, je n’ai pas connu les guerres mondiales de 15-18 ou 39-45, mais je vais pouvoir dire que j’ai connu une pandémie. C’est la première fois de ma vie que je vivais ça. J’avais connu des épidémies, mais jamais une pandémie. Ça m’a touché à la peau, au cœur et à l’âme.

Q et R : Questionnement et Réponses.  Des mots qui m’ont interpellé beaucoup et qui m’interpellent encore.

S : Séparation. C’est très personnel : j’ai connu une séparation de couple en 2020 durant la COVID. C’est très récent, ça fait trois mois, ça me fait encore mal, tout comme la COVID me fait mal. Je suis comme un livre ouvert, mais l’exercice tellement pertinent.

T : Télévision. Ça été mon bras droit pendant toute la période de la COVID, mon appui, mon soutien. Étant seul en résidence, j’ai fait beaucoup de télévision. Ça m’a accompagné plusieurs heures par jour dans mon isolement.

U : Universel. C’est la première fois que je vis un événement qui ne se limite pas au Québec, au Canada, en Amérique… c’est universel. Je n’en reviens pas comment une planète entière peur être assujettis par un virus.

V : la lettre avec laquelle je termine, pour Vingt, comme dans 20-20 : une année très exceptionnelle!

Oui COVID, oui séparation, oui INCA, oui des questionnements, les mots de cet alphabet sont toutes des choses que j’ai vécues en 2020. L’alphabet de la COVID-19 c’est le moyen que j’ai trouvé pour m’ouvrir à vous.

- Donald,

 

Les réflexions que m’a amenées la pandémie

Au début, moi at mon mari revenait à Montréal pour nous rapprocher de nos enfants et petits-enfants. Finalement est arrivée cet événement : la pandémie, qui nous a obligés à l’isolement, au confinement.

On a vécu de la tristesse, de la déception, de la peur…

Tranquillement on se rencontre que ce qui est important et essentiel ce sont les liens, la famille, les contacts importants qui m’ont entouré dans ma vie. C’est toujours demeuré là, solide. J’ai de la chance d’être avec mon mari depuis longtemps. Je me sens privilégiée et ça me donne la force de combattre, d’être persévérante, de croire au futur et d’apprécier les petits bonheurs quels qu’ils soient et d’arriver à être heureuse avec cela.

-Céline

 

 

Je me suis surprise moi-même

J’ai toujours rêvé d’écrire un livre sur ma vie, différente en raison de la culture.  Pendant la pandémie pour moi, au début, c’était un gros stress, une angoisse. Après mon conjoint devait voyager à l’étranger. Je me suis retrouvée seule 2 mois avec mes 3 enfants.  C’était un défi : comment je ferais pour mes courses et garder mes enfants puisqu’il n’y avait ni école ni garderie. Pour moi, ça été vraiment une bonne expérience, parce que ça m’a permis de relever tous les défis. J’ai été à la hauteur! C’était la première fois que je comptais sur ma une voisine avec les enfants, pour me permettre de faire les courses. Ça m’a permis de développer une confiance avec les voisins, ça m’a permis de les connaître un peu plus.  Début c’était une boule d’angoisse, mais après ça m’a permis de connaître mon entourage, de connaître mes enfants. J’étais surmenée mais c’Était bien.

Ce qui est triste, dans mon entourage, il y a eu beaucoup de décès.  J’avais des annonces tous les 2 jours.

Ça continue avec les écoles, avec les enfants … c’est un peu stressant tous les jours. Mais ça va.

La grosse boule elle est passée. J’ai espoir que tout ira mieux.

Fadhila  

 

Le bon côté

Ce que je retiens, c’est que la COVID, nous a apporté du mauvais, mais il y a un bon côté aussi. On a appris que tout allait beaucoup trop vite, à tous les niveaux. Il faut prendre le temps de respirer, de vivre à notre rythme, arrêter de courir après tout ce qu’on n’a pas de besoin.

J’espère qu’on va continuer à profiter du bon que ça nous a amené.

-Ginette

 

Défis particuliers 

Le plus gros défi pour moi a été de ne pas sortir, d’être confinée en dedans, parce qu’on est vieux.  Dans mon cœur je ne suis pas vieille, je suis jeune. 

-Monique

 

Mon plus gros défis et succès ça été de vivre avec moi-même, de m’interroger, d’être isoler avec mon «je» pendant 10 mois, ça été quelque chose!

- Donald